Une initiative qui nous ramène en arrière
Le 8 mars dernier, le peuple suisse a fait un choix important : en adoptant l’imposition individuelle, chacune et chacun sera désormais imposé indépendamment de son état civil. C’est une avancée réalisée notamment grâce à l’engagement des VERT-E-S depuis la récolte des signatures jusqu’à la campagne de votation. Nous avons défendu ce projet parce qu’il renforçait l’indépendance économique des femmes tout en dépénalisant le mariage.
Quelques mois plus tard, l’initiative du Centre sur la « pénalisation du mariage », sur laquelle nous votons le 29 novembre, vient compliquer les choses. Si elle est acceptée, elle maintiendrait l’imposition commune des couples mariés pour l’impôt fédéral direct, alors que cantons et communes devront passer à l’imposition individuelle. En plus de faire coexister laborieusement deux systèmes en parallèle, elle rattache à nouveau la femme à la déclaration fiscale de son mari. Sans compter qu’elle crée aussi une iniquité pour les couples non mariés.
L’initiative du Centre favorise dans les faits fiscalement les plus hauts revenus et entraîne des pertes fiscales fédérales pouvant aller jusqu’à 3 milliards de francs par an. En conséquence, il est à craindre que la majorité du Parlement demande de nouveaux plans d’économies, dans le social, le climat et la protection de l’environnement.
Cette initiative revient en arrière en instaurant à nouveau une inégalité de traitement et en cimentant un modèle familial plutôt traditionnel qui ne reflète pas la réalité de la majorité des ménages suisses. C’est pourquoi, nous disons Non le 29 novembre.
Sophie Michaud Gigon
conseillère nationale VD