Le cas de Collien Fernandes illustre de manière flagrante comment les femmes deviennent des cibles de violence sexualisée sur internet. L’intelligence artificielle et les deepfakes à caractère sexuel ont depuis longtemps atteint la Suisse. La violence sexualisée n’est pas un phénomène abstrait. Le harcèlement, les menaces ou la création et la diffusion non consenties d’images intimes font partie du triste quotidien de nombreuses femmes. 

« L’espace numérique n’a pas seulement rendu cette violence plus visible, il l’a massivement aggravée », dénonce Lisa Mazzone, présidente des VERT-E-S suisses. « Les nouvelles technologies offrent aux agresseurs un outil supplémentaire pour abuser des femmes. Le monde politique ne doit pas abandonner les victimes à leur sort, sinon il ne fait que renforcer le système patriarcal de la violence. » 

25’000 personnes exigent des mesures contre la violence sexualisée sur internet 

Voilà pourquoi les VERT-E-S suisses, l’Initiative Internet (comité interpartis) et WeCollect ont remis aujourd’hui au Département de justice et police les signatures de plus de 25’000 personnes qui réclament enfin des mesures efficaces contre la violence sexualisée en ligne. Le Conseil fédéral et le Parlement doivent agir sans tarder pour interdire les applications de deepfake et de nus non-consentis. Il faut mettre en place une régulation des plateformes qui soit efficace et accorder davantage de moyens à la lutte contre la violence sexualisée. 

« Les plateformes sont responsables de ce qui se passe sur leur site », pointe Raphaël Mahaim, conseiller national VD. « Elles doivent être contraintes d’empêcher la propagation de la violence sexualisée, de mettre à en place des dispositifs de signalement efficaces et de protéger activement les victimes. »  

Dans plusieurs interventions parlementaires qui seront traitées durant cette session, les VERT-E-S demandent au Conseil fédéral de prendre enfin des mesures, en créant une base légale contre la diffusion de nus dégradants et en mettant en place des obligations et des sanctions pour les fournisseurs d’IA. 

Dépôt de la petition contre la violence sexualisée à Berne, le 9 juin 2026. (Aleksandra Zdravković)