Limiter la Suisse à 10 millions ? Non à la réponse xénophobe de l’UDC face à de vrais défis
Le 14 juin, la population se prononce une nouvelle fois sur une initiative xénophobe et isolationniste de l’UDC. Une initiative qui attaque les personnes de nationalité étrangère mais aussi notre relation avec l’Union européenne. Si elle était acceptée, elle n’engendrerait que chaos et violation des droits humains. C’est pourquoi nous disons clairement Non à cette initiative.
Limiter le nombre d’habitant-e-s en Suisse à 10 millions. Voilà ce que propose l’UDC dans son initiative qui, sur le papier, prétend parler d’environnement, de territoire et de durabilité. Un pur greenwashing, car on sait bien que l’UDC se moque complètement de la nature et de la durabilité. Cette initiative vise une nouvelle fois à isoler notre pays et à fermer nos frontières aux personnes qui en ont le plus besoin.
Très concrètement, le texte de cette initiative du chaos vise à restreindre les droits des personnes sans passeport à croix blanche. Par exemple en compliquant fortement le regroupement familial, ou en retirant le droit de séjour aux personnes admises à titre provisoire si certains seuils démographiques sont atteints, pour que la population en Suisse ne dépasse pas les 10 millions. Pourtant, les personnes réfugiées ne représentent qu’environ 2,5% de la population, et les personnes admises provisoirement à peine 0,5 %. On voit bien qu’elles ne sont de loin pas à l’origine de la croissance démographique de la Suisse que l’UDC aimerait limiter.
Attaque des droits fondamentaux
De plus, il y a une question simple que l’initiative ne règle pas. Que fera la Suisse si des personnes fuient une guerre et demandent notre protection une fois la limite atteinte ? Devrait-on les rejeter ? Ce texte ouvre clairement la porte à une remise en cause de nos engagements internationaux, comme la Convention sur les réfugiés ou la Convention européenne des droits de l’homme.
Cette initiative aurait pour autre conséquence possible le retour du statut de saisonnier. C’est-à-dire que des personnes qui travaillent en Suisse ne pourraient plus s’y installer. Elles devraient repartir après quelques mois et vivre dans l’instabilité tant professionnelle que familiale. On a déjà connu ce modèle aussi injuste qu’inhumain et c’est à raison que nous l’avons banni par le passé.
Non à l’affaiblissement le lien européen
Cette initiative est également dangereuse pour notre relation avec l’Union européenne. En effet, elle prévoit de mettre fin à la libre circulation des personnes avec l’UE. Or cet accord fait partie intégrante des accords bilatéraux et participe à la stabilité de la Suisse. S’il tombe, tout l’équilibre des relations avec l’UE sera remis en cause. Pour un pays comme la Suisse, très lié à ses voisins, cela aurait des effets néfastes très concrets : perte de personnel dans les hôpitaux, les EMS, la construction, la restauration ou encore l’agriculture.
Chez les VERT-E-S, on ne nie pas les défis liés à la croissance démographique. Logement, transports, protection du climat et de l’environnement, aménagement du territoire, ce sont là de vraies questions auxquelles nous répondons par des solutions concrètes et solidaires. L’initiative de l’UDC n’y répond absolument pas et sèmera le chaos dans notre pays tout en distillant la haine. C’est pourquoi nous disons clairement Non le 14 juin à ce texte xénophobe qui oppose les gens les uns contre les autres et qui isole la Suisse.
Delphine Klopfenstein Broggini
conseillère nationale GE