Discours présidentiel de Lisa Mazzone
« Il faut toujours dire ce que l’on voit;
surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »
Charles Péguy
Chères Vertes, Chers Verts,
Nous voyons le monde.
Nous voyons les Etats-Unis, où des milices quasi paramilitaires et racistes terrorisent la population, jusqu’à la mort.Nous voyons le Venezuela et le Groënland et l’impérialisme brutal de Trump. Auto-détermination des peuples et souveraineté des Etats ? Piétinés.
Nous voyons l’Iran et sa population courageuse, au premier rang les femmes et les jeunes, qui se battent pour la liberté. Nous voyons la répression barbare de la dictature, qui a massacré de sang-froid des dizaines de milliers d’Iraniennes et d’Iraniens.
Nous voyons le Rojava, un projet politique unique au Moyen-Orient : écologiste, féministe et pluraliste, que le nouveau gouvernement attaque. Nous voyons la violence, la haine des femmes et la persécution des Kurdes, abandonné-e-s par la communauté internationale.
Nous voyons Gaza, le Soudan affamé, la Namibie assaillie par la sécheresse, la Centrafrique ou le Burundi et toutes les crises humanitaires oubliées.
Ce que nous voyons, c’est l’indifférence, le repli et la réduction massive de l’aide humanitaire, signe d’une déresponsabilisation mondiale.
Et puis, nous voyons la Suisse et son Conseil fédéral. Un Conseil fédéral qui se prosterne devant Trump, déléguant une clique de milliardaires – tous des hommes – pour le couvrir d’or. Un Conseil fédéral qui déroule le tapis rouge à Trump à Davos et l’écoute l’humilier, avec le sourire.
Un Conseil fédéral prêt à céder sur tout pour un deal avec Trump : protection de notre agriculture, de notre environnement, du droit international et même de la souveraineté. Nous voyons un Conseil fédéral qui se tait et refuse d’agir réellement pour Gaza, l’Iran ou le Rojava. Nous voyons un Conseil fédéral qui ferme les yeux sur les bouleversements du monde et les grands défis pour notre avenir. Un Conseil fédéral qui préfère ramener la Suisse dans le passé. Armée, autoroute et atome.
Chères Vertes, chers Verts,
Nous voyons. Nous disons.
Nous sommes le plus grand parti d’opposition du pays. Et nous sommes la seule force politique nationale qui dit clairement NON à Trump. NON à l’accord de soumission. NON à l’abandon des valeurs qui font notre humanité, notre stabilité et notre avenir. Notre rôle est plus important que jamais. Et nous pouvons être fières et fiers d’être Vert-e-s.
Car nous, les VERT-E-S, savons que les valeurs sont plus importantes que le pouvoir. Plus importantes – et plus résistantes. Nous pensons toujours à demain.
Oui, chères Vertes, chers Verts,
Armée : alors que le budget de l’armée a augmenté de 2 milliards ces dernières années et que l’armée va de débâcle en débâcle, entre les drones qui ne volent pas seuls ou les F-35 dont la facture explose, le Conseil fédéral veut maintenant 31 milliards ! Il fonce tête baissée et veut renforcer encore notre dépendance technologique aux USA de Trump et nous faire passer à la caisse pour cela. Avec chaque café que vous boirez au restaurant, vous financerez chars et autres lance-mines.
Autoroutes : au mépris de la volonté populaire, M. Rösti ressort les projets de méga-autoroutes. Plus de trafic, plus de béton, moins de nature.
Atome : M. Rösti ne se contente pas de saboter la transition énergétique en rêvant de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, il veut en plus sortir les fonds pour les financer. Des milliards de subventions pour une énergie hautement dangereuse.
Il n’y a pas de projet trop cher pour retourner dans le passé : les milliards coulent dans l’armée, les autoroutes et l’atome. En revanche, un fonds climat « grèverait les finances fédérales ». La mauvaise foi du Conseil fédéral est sans limite.
Chères Vertes, Chers Verts,
Plus que jamais, la Suisse a besoin de retrouver confiance dans l’avenir.Face au plus grand défi de notre siècle, nous n’avons besoin ni de chars, ni de centrales nucléaires, ni d’autoroutes.
Au contraire, ces cauchemars d’hier ne font qu’accélérer la destruction du climat et de notre environnement.
Et nous, les VERT-E-S, combattrons avec détermination le délire d’armement et son financement anti-social, les élargissements d’autoroutes et le retour du nucléaire.
Nous avons besoin d’un projet d’avenir. Du projet de notre génération.
Nous avons besoin d’enthousiasme, d’envie, d’innovation.
Nous avons besoin de solidarité et de responsabilité.
Nous avons besoin du fonds climat. Le fonds climat, c’est la force de la communauté face à l’urgence climatique.
Ces investissements soutiennent très concrètement la population pour devenir climatiquement neutre et s’adapter aux conséquences extrêmes du réchauffement climatique.
Ces investissements permettent de subventionner les rénovations énergétiques des bâtiments, ce qui améliore la qualité de vie par froid et grandes chaleurs et réduit la facture de chauffage.
Ces investissements permettent de développer des trains de nuit et des liaisons ferroviaires internationales abordables, pour créer une vraie alternative à l’aviation, dont 80% des vols sont à destination européenne.
Ces investissements soutiennent les panneaux solaires et autres énergies renouvelables, pour que tout le monde profite d’une énergie propre, décentralisée et fiable.
Ces investissements permettent de protéger les villages de montagne contre les crues et laves torrentielles ainsi que de verdir les villes pour lutter contre les îlots de chaleur.
Toute la population va profiter du fonds climat.
Et à notre économie. Investir en Suisse plutôt que dépenser 8 milliards de francs par an à l’étranger pour les énergies fossiles crée des places de travail sûres et de la valeur durable.
Il y a quelques jours, j’ai visité la seule entreprise qui produise encore des panneaux solaires en Suisse. Elle réussit le tour de force de créer des panneaux teintés rouges, qui se fondent dans les briques et passent presque inaperçus dans une vieille ville.
Mais face à la concurrence chinoise, ces secteurs sont sous pression. D’autres entreprises en ont fait les frais.
Pourtant, une production suisse, en collaboration avec l’Europe, relève de notre sécurité et de notre souveraineté. L’ultra-dépendance à la Chine pour la transition énergétique et aux Etats-Unis pour les technologies numériques sont des dangers géopolitiques directs. L’importation de gaz liquide russe est aussi en contradiction avec notre soutien à l’Ukraine, contre la guerre d’agression.
Grâce au fonds climat, la Suisse devient plus indépendante, plus robuste et plus durable. Le fonds climat soutient des secteurs d’avenir, qui prennent des risques tout en réduisant les risques de la Suisse.
Chères Vertes, Chers Verts,
La Suisse est un pays riche. Et elle le sait ! Quand les bourgeois prétendent que la Suisse n’a pas les moyens d’investir pour le climat, ce sont des balivernes. La vérité : ils ne veulent pas investir pour le climat. Ni ne rien faire pour nos enfants et petits-enfants.
Au parlement, la majorité voit les crises… et que fait-elle ? Rien.
« Il manque de l’argent. Les gens s’en fichent. Pourquoi nous, d’ailleurs ? La Suisse est si petite. »
Je leur dis : sottises.
Ce n’est rien d’autre qu’un manque de volonté. La Suisse a les moyens de réaliser la transition énergétique.
Avec une dette quatre fois inférieure à celle de l’Allemagne, cinq fois inférieure à celle de l’Autriche, sept fois inférieure à celle de la France et huit fois inférieure à celle de l’Italie, la Suisse est en excellente santé financière.
Au contraire, ce manque d’investissements nous coûte cher. Le coût de l’inaction s’élève à 4% du PIB, soit 34 milliards de francs, d’ici 2060.
Des gens meurent. La nature saigne. Les ultra-riches deviennent toujours plus riches. Ça suffit.
Nous avons des solutions. Des solutions démocratiques et solidaires. Ce fonds climat, c’est notre engagement. Partout, on parle de la crise climatique. Et on peut en parler encore plus.
Pour cela, chères Vertes, chers Verts,
Cette vision doit être transportée sur le terrain et dans les échanges directs avec la population.
Ensemble, nous allons distribuer plus de 200’000 flyers dans les boîtes aux lettres, envoyé des milliers de cartes postales et passer des centaines de téléphone.
Nous n’avons peut-être pas les plus gros budgets de campagne. Mais nous avons bien mieux : les convictions, les valeurs, les idéaux ! Et les solutions.
C’est notre moteur. Depuis plus de 40 ans. Grâce à eux nous avons façonné la Suisse, nous l’avons si souvent préservé de retours en arrière et encore plus souvent fait avancer.
Faire couler les projets autoroutiers ? Oui, nous en sommes capables !
Débrancher les projets nucléaires ? Absolument !
Dégonfler les têtes sous les casques à boulon ? Plus que tout !
Construire le futur – notre marque de fabrique !
Chères Vertes, Chers Verts,
Je crois que je peux le dire : je me réjouis des prochains mois à vos côtés
Nous nous retrouvons dans la rue !