Des centaines de paysannes et paysans empoisonnés par des pesticides interdits de longue date en Suisse, dont 20 décédés. Ce drame s’est déroulé en Inde et les produits toxiques en question sont ceux de Syngenta, le numéro un mondial de la branche, basé en Suisse. Sur un autre continent, au Pérou: des enfants deviennent anémiques, paralysés ou handicapés à la suite de la contamination de leur région aux métaux lourds, notamment le plomb ou l’arsenic. Une mine contrôlée par Glencore, multinationale active dans le domaine des matières premières basée en Suisse, en est la cause.
Deux poids, deux mesures. Ces violations des droits humains et ces graves atteintes à l’environnement restent sans conséquence, car elles se déroulent à l’étranger. Bien que les entreprises responsables de ces drames soient établies en Suisse. Cette situation est moralement et internationalement intenable.

Prévention et réparation

L’initiative pour des multinationales responsables prévoit deux mécanismes. Le premier vise à prévenir. Les entreprises seront tenues d’examiner les répercussions de leurs activités, de prendre des mesures et de rendre des comptes, de manière transparente. Le second instrument est la possibilité pour les victimes d’obtenir réparation en Suisse, par le biais d’une plainte civile. Les multinationales assumeront donc enfin la responsabilité des infractions de leurs filiales étrangères. Sans cet outil, toutes les mesures que nous pourrons prendre resteront de belles paroles, car les dommages causés par les multinationales resteront sans conséquence. C’est le moment d’adopter des règles similaires à plusieurs autres pays européens.

Seule solution crédible

Rebutée à l’idée de mener une campagne pour défendre de dangereuses pollutions ou l’empoisonnement d’enfants, la majorité de droite a adopté en urgence un contre-projet rédigé par le lobby des multinationales. Véritable leurre, il n’apporte aucune solution sur le terrain et se contente d’attendre des entreprises qu’elles produisent de jolis rapports en papier glacé. Aucune responsabilité civile n’est prévue. Et donc aucune sanction pour les dégâts. Les multinationales continueraient ainsi de se soustraire aux conséquences des activités de leurs filiales à l’étranger. Les VERTS soutiennent depuis le début l’initiative pour des multinationales responsables et dénoncent la tentative de tromperie de la majorité parlementaire. Cette initiative peut et doit être gagnée. Pour y parvenir, nous avons besoin de l’engagement de chacune et chacun d’entre vous. Engagez-vous en convaincant votre entourage d’aller voter OUI.

Lisa Mazzone
Conseillère aux Etats GE