Depuis les années ’80, la Confédération a défini une politique centrée sur l’incinération des ordures ménagères. Les usines d’incinération se sont multipliées sur le territoire national et on en compte aujourd’hui 28. Brûler au lieu d’entreposer dans des décharges, tel était le mot d’ordre que l’OFEV a dès lors diffusé : une orientation conforme aux idées dominantes de l’époque, lorsque on n’avait encore aucun idée de durabilité et que les changements climatiques ne semblaient pas une menace.

Par la suite, cette orientation a quand-même été corrigée avec la promotion de la récolte sélective des ordures ménagères et de leur recyclage. Mais aucune alternative à l’incinération de la majorité des déchets n’a été proposée alors que cette technique rudimentaire, qui consiste à brûler dans un énorme grill les ordures, produit une quantité de cendres toxiques équivalente à un tiers de la masse d’ordures (qu’il faut déposer dans les décharges), des fumées toxiques (dont le filtrage n’est que partiel) et du CO2. La récupération partielle de l’énergie ainsi gaspillée pour produire de l’électricité et de l’eau chaude ne compense pas, et de loin, les inconvénients de l’incinération !

Après d’interminables discussions polémiques, le Tessin lui aussi s’apprête à construire une usine d’incinération, la 29ème de la série. Ceci malgré une surcapacité de traitement des autres usines suisses telle qu’elle engendre un trafic énorme de camions d’ordures entre les différentes régions du pays et l’importation de déchets de l’étranger, comme l’a dénoncé récemment l’initiative des Alpes. Il est évident que certains secteurs économiques s’obstinent à défendre leurs intérêts.

En vue d’une politique durable du traitement des déchets urbains, il faut proposer une révision radicale de l’orientation actuelle de la Confédération. La récolte sélective et le recyclage doivent devenir le moyen principal de traitement. Les Verts approuvent dans ce domaine les propositions d’organisations écologistes telles que Greenpeace International et No Burn, dont le mot d’ordre est « Zero Waste ».

L’AD des Verts suisses, réunie à Bellinzona le 16 septembre 2006, invite le groupe des Verts au Conseil national à ouvrir un débat parlementaire sur une nouvelle politique des déchets, fondée sur :

  • la diminution de la production de déchets
  • le recyclage de la majeure partie des déchets en vue de produire des matières secondaires
  • l’incinération réservée uniquement à ce qui ne peut pas être recyclé
  • une organisation logistique moderne des transports des déchets par rail
  • la recherche de technologies alternatives à l’incinération
  • soutient l’engagement des Verts tessinois et du comité d’initiative contre l’usine de Giubiasco

Elle condamne l’arrogance antidémocratique des autorités politiques tessinoises qui ignorent les 15’000 signatures de l’initiative populaire contre l’usine de Giubiasco et ont ouvert le chantier avant même que l’initiative soit soumise au vote populaire et que le Tribunal fédéral se soit prononcé sur les recours.