Le Service de renseignement a agi comme un État dans l’État. Ce comportement est indigne d’un État de droit et doit avoir des conséquences politiques et pour les personnes impliquées.
Balthasar Glättli, Président des VERTS suisses

La Délégation des Commissions de gestion a présenté aujourd’hui son rapport sur l’affaire Crypto. «Ce document montre que le Service de renseignement suisse a délibérément et systématiquement empêché un contrôle politique et qu’il a agi comme un État dans l’État. Des activités en lien avec Crypto AG ont non seulement été cachées au Conseil fédéral et à la Délégation des Commissions de gestion, mais il apparaît que, jusqu’en 2014, des dossiers ont été détruits illégalement et des entretiens importants n’ont pas été enregistrés. Un tel comportement est non seulement indigne d’un État de droit, mais aussi dangereux», dénonce Balthasar Glättli, président des VERTS suisses.
 
«En outre, il existe d’énormes lacunes en matière de conduite de la part des membres actuels et anciens du Conseil fédéral, comme en témoignent l’absence de notes sur des débats importants, le traitement négligent de certains incidents ou la tentative d’empêcher l’élaboration de rapports négatifs», poursuit-il. Le rôle de l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger reste également flou. Ses déclarations à la Délégation des Commissions de gestion contredisent le rapport de la CIA cité par Res Strehle (cf. Strehle 2020: p. 97).
 
Les VERTS exigent que l’affaire Crypto fasse l’objet d’une enquête approfondie, par le biais d’une Commission d’enquête parlementaire (CEP). Ils exigent également que le Conseil fédéral tire immédiatement des conséquences politiques et sur les personnes impliquées. «Le Service de renseignement ne doit pas se soustraire au contrôle politique et démocratique. De plus, ces événements doivent déboucher sur des actes forts: il n’est pas tolérable que Markus Seiler occupe le poste de secrétaire général du Département fédéral des affaires étrangères. L’ancien chef du Service de renseignement et actuel secrétaire général du DFAE a délibérément empêché le Conseil fédéral d’exercer sa responsabilité politique. Markus Seiler ne peut absolument pas continuer d’occuper l’un des postes les plus élevés de l’Administration fédérale, d’autant plus que l’affaire Crypto a porté un grave préjudice à la crédibilité de la politique extérieure suisse et à son rôle de pays neutre pourvoyeur de bons offices», conclut Balthasar Glättli.

  • Voici la réaction, en vidéo, de Balthasar Glättli